Der Zwerg Nase, Wilhelm Hauff

She went so slowly that it was three quarters of an hour before she reached a remote part of the city, and finally stopped before a tumble-down house. Then she drew a rusty old hook from her pocket, and inserted it skillfully into a small hole in the door, which sprung open with a bang.

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La vierge des glaces, H. CH. Andersen

“Have you a beloved one?” asked Rudy; for to have a beloved one was everything to him.

“I have none!” said she, and laughed; but it was as though she was not speaking the truth. “Do not let us take a by-way,” continued she, “we must go more to the left, that way is shorter!”

“Yes, so as to fall down a precipice!” said Rudy; “Do you know no better way, and yet wish to be a guide?”

giacci

“I know the road well,” said she, “my thoughts are with me; yours are beneath in the valley; here on high, one must think on the Ice-Maiden, for they say she is not well disposed to mankind!”

“I do not fear her,” said Rudy, “she was forced to let me go when I was a child, so I suppose I can slip away from her now that I am older!”

The darkness increased, the rain fell, the snow came; it shone and dazzled. “Give me your hand, I will help you to ascend!” said the girl, and touched him with icy-cold fingers.

“You help me,” said Rudy, “I do not yet need a woman’s help in climbing!” He strode quickly on, away from her; the snow-shower formed a curtain around him, the wind whistled by him and he heard the young girl laugh and sing; it sounded so oddly! Yes, that was certainly a spirit in the service of the Ice-Maiden. Rudy had heard of them, when he had passed a night on high; when he had crossed the mountain, as a little boy.

The Marsh King’s Daughter (II)

She had nothing but a branch of a tree and her two hands, between the fingers of which the webbed skin stretched, and they were torn by the work, while the blood ran down her hands. She saw at last that her work would be useless, more than she could accomplish; so she fetched more water, and washed the face of the dead, and then covered it with fresh green leaves; she also brought large boughs and spread over him, and scattered dried leaves between the branches. Then she brought the heaviest stones that she could carry, and laid them over the dead body, filling up the crevices with moss, till she thought she had fenced in his resting-place strongly enough.

The Marsh King's daughter 2

Les fleurs de la petite Ida

ida

Il n’y avait pas du tout de veilleuse dans cette pièce, mais il y faisait tout à fait clair, la lune brillait à travers la fenêtre et éclairait juste le milieu du parquet. Toutes les jacinthes et les tulipes se tenaient debout en deux rangs, il n’y en avait plus du tout dans l’embrasure de la fenêtre où ne restaient que les pots vides. Sur le parquet, les fleurs dansaient gracieusement.

Un grand lis rouge était assis au piano. Ida était sûre de l’avoir vu cet été car elle se rappelait que l’étudiant avait dit: «Oh! comme il ressemble à Mademoiselle Line!» et tout le monde s’était moqué de lui. Maintenant Ida trouvait que la longue fleur ressemblait vraiment à cette demoiselle, et elle jouait tout à fait de la même façon qu’elle.

La reine des neiges Hans Christian Andersen

A few snowflakes were falling, and the largest flake of all alighted on the edge of one of the flower boxes. This flake grew bigger and bigger, until at last it turned into a woman, who was dressed in the finest white gauze which looked as if it had been made from millions of star-shaped flakes. She was beautiful and she was graceful, but she was ice-shining, glittering ice. She was alive, for all that, and her eyes sparkled like two bright stars, but in them there was neither rest nor peace. She nodded toward the window and beckoned with her hand.

la reine des neiges

Hans Christian Andersen The Marsh King’s Daughter

The days and months went by. He saw at last one day that right from the bottom of the marsh a green stalk pushed up till it reached the surface of the water. Out of it grew a leaf, that grew wider and wider, and close to it a bud put out. Then one morning, as the stork was flying over it, it opened, with the sun’s warmth, into a full-blown flower, in the middle of which lay a beautiful child, a little girl, as if she were fresh from the bath. So like was the child to the princess from Egypt, that at first the stork believed it to be herself turned a child again. But when he thought it over, he decided that it was more likely to be the child of the princess and the Marsh King, and that was why she was lying in a water lily.the Marsh King's daughter

Santa Irene

 

sun bathSantorini est un seul parmi les noms identifiant l’ile, peut-être la plus paradisiaque, en mer Egée. A son origine était l’église Sainte Irene du XIII siècle… ou peut être la basilique Agia Irini érigée au V siècle. Les historiens sont encore hésitants.

Aujourd’hui, après Kaliste (le plus beau), Strongyle (le circulaire) et Santorini le nom officiel est Thera qui provient du deuxième. Lors de l’empire Ottoman les turcs aussi utilisaient  Santurin ou Santoron ce qui a sûrement contribué à l’encrage de Sainte Irene dans la personnalité de l’ile.

Par tout où tu vas un horizon vaste s’ouvre devant tes yeux et sous tes pieds. L’ile, d’origine volcanique, se constitue principalement de falaises, ce qui fait que chaque point d’observation te porte au-dessous de la mer. Les maisons, dont la plupart a été construite après les années ’70, sont toutes blanches, basses, avec des lignes ondulantes. Décorées souvent avec les cadres des fenêtres et les toits en bleu klein, érigées au-dessus sur le fond profond du bleu marin, c’est à elles que est dû ce paysage féerique, emblématique de l’ile.

 

pauseCette image insaisissable est en même temps aussi réelle et tangible. Derrière, le tourisme a son prix : environnemental et économique. Dépense d’eau démesurée et pêche illégale à grande échelle creusent le futur de ce bout de terre paradisiaque. Les touristes doivent être contents aujourd’hui comme c’est à eux d’apporter le revenu d’environ 15 000 personnes entre habitants et travailleurs migrants d’autres parties de l Grèce et des Balkans.

Ici où tout a été fait de l’homme pour l’homme nous ignorons consciemment la participation de la nature. Mais elle est là. Les poissons ont besoin de la protection des autorités, les touristes doivent être alertés du poids de leur comportement sur une petite terre, où l’équilibre environnemental est si fragile.
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Motion Factory

Une exposition sur le cinéma d’animation est toujours un événement même dans un Paris, saturé par  culture.

Une semaine avant sa fin, l’exposition remplit toujours les salles de la Gaité Lyrique. Parmi les visiteurs se comptent bien sûr beaucoup d’étudiants du milieu mais aussi professionnels et- non négligeable- beaucoup de personnes qui ne sont pas professionnellement liées à l’animation. C’est effectivement gai : ateliers, images statiques et en mouvement qui vous inondent de  sons et musique…

Le concept de l’exposition, représenter la variété d’une catégorie du cinéma contemporain,  se voit  contraint par le choix de 15 parmi tous les artistes du domaine. Une exposition collective pour représenter ce qu’on peut réunir sous le chapeau « stop-motion » conduit à une sélection délicate. Quand le but semble de donner l’idée de la richesse de cette niche cinématographique, quelques artistes peuvent avoir toutes leur qualités et mérites dans ce monde mais l’exposition leur attribue une position exclusive au détriment de l’infini qui rassemble l’animation.

C’est d’ailleurs souvent un dommage dans les expositions cinématographiques l’impossibilité de voir la vraie œuvre dans des conditions correctes. Des petits écrans réunissent des groupes de spectateurs mais qui pourraient difficilement dire d’avoir compris ce qu’ils ont vu, faute au courant incessant de visiteurs qui passe autour. Une heureuse récompense est la salle cinématographique à côté qui permet de les voir dans une solitude relative.

Il reste que ce sont des artistes remarquables, et même dans cet excès de matériaux on ressent la fascination dans le processus de création, qui donne à la nature morte une vie nouvelle cachée dans la matière choisie par chacun entre eux. gaite

H. CH. Andersen Sous le saule

Vous avez déjà entendu parler de Hans Christian Andersen? Si oui, alors vous êtes  privilégiés.

La plupart des personnes de moins de 35 ans pensent que la petite sirène a été créée par Disney, pensent que le Vilain Petit Canard est écrit par les Frères Grimm, que la Reine des Neiges est une autre façon d’appeler  Blanche-neige  et n’ont même pas entendu parler des Cygnes sauvages et Le Stoïque soldat de plomb. Et pourtant ce sont des titres qui ont accompagné l’enfance de milliers d’enfants depuis XIX siècle quand Andersen les a écrits.

C’est peut être vrai que aujourd’hui l’enfance se laisse emporter par des nouvelles émotions et vision du monde parce que, oui, c’est aussi le monde qui est changé. Mais l’homme dans son âme et sa sensibilité est moins « moderne » de ce que la société prétend.   Nous pleurons et rions de la même façon des mêmes situations comme à l’époque quand Andersen a écrit une histoire comme Les habits neufs de l’empereur dont aujourd’hui encore on se sert en tant que métaphore.

Andersen a repris, adapté et inventé des contes dont la finesse et la perspicacité frappent le lecteur presque sans pitié.

C’est ainssi une source d’images inépuisable. Je me donne ici la liberté d’interprétation de ses histoires magiques.

Sous la saule

pod vyrbata

1Q84

1Q84 de Murakami a été attendu avec impatience par les amateurs de son œuvre.

Tengo3 volumes, annoncés par les sites littéraires et culturels come l’œuvre qui, à ce jour rassemble tout le génie de Murakami.

Effectivement le clin d’œil à Orwell (“1984”) annonce les ambitions d’un regard subtil et perspicace envers la réalité lointaine mais aussi actuelle. Dans un reflet en miroir, un monde parallèle se désigne mais seulement partiellement, sans nous donner les vrais astuces pour comprendre les forces qui le mobilisent.

L’incantesimo de Murakami s’est évaporé dans ces innombrables pages comme l’éléphant d’un de ses jeunes récits. C’était quelque chose de grand et fort, imposant.

Un lecteur frappé par la vérité existentielle grâce à des œuvres comme La fin du temps, Le passage de la nuit ou Kafka sur le rivage devrait peut être s’arrêter là et simplement garder l’énergie de ces rayons de fantaisie qui illuminent la réalité dans laquelle nous vivons. Parce que cette lumière, le lecteur ne la trouvera pas dans 1Q84. Comme si cette fois, le monde parallèle a été minutieusement calculé en tant que décor, qui ensuite s’est transformé en personnage principal, mais qui entretemps a perdu son âme. Le dernier mot de la dernière page du dernier volume lu, les questions restent largement ouvertes, la confusion est totale et le sens investi dans la foulée de personnages magiques demeure un mystère. Ceci, suite à la bonne volonté d’être un lecteur constant dans le voyage de plus de 1600 pages, pas forcement autant légères à franchir comme les œuvres précédentes de Murakami.

Quand même, quelques idées fascinantes, quelques images perturbantes et des réflexions sur le(s) monde(s) sont un résultat à reconnaitre à cet auteur de fables pour adultes.Aomame 1Q84

Dans le Tableau

Dans un tableau tout a une âme et une personnalité. Le peintre les connaît avant de les avoir dessinés. Et une fois dans la toile ses personnages ont leur vie à mener…indépendants. Jean François Laguionie le sait bien. Il l’a surement ressenti lors de sa longue carrière d’auteur de films d’animation alors qu’il donnait le souffle de vie à de milliers de bonshommes animés. Depuis 1965 il a commencé par La Demoiselle et le Violoncelliste et poursuivi avec une dizaine de courts-métrages et 3 longs-métrages (Gwen et le Livre de Sable,1985, Le château des Singes, 1999, L’ile du Black Mor, 2004). Aujourd’hui dans les salles on peut voir sa dernière création Le Tableau dont le titre ne peut être plus éloquent. Lui même, il ne s’est jamais considéré un peintre, mais dans ce film on ne peut que le voir en tant que tel. Toute l’ironie, la tristesse, l’amour, l’humour pour l’être humain qu’il a dessiné dans ses films précédents nous les retrouvons dans Le Tableau.

Le film met en place un scénario d’Anik Le Ray qui traverse l’art visuel dans ses différents états ce qui demande un graphisme de rare qualité dans la production des longs-métrages d’animation d’aujourd’hui. Les dimensions sont aussi multiples : conçu en 3D avec un équipe d’une vingtaine d’animateurs le film est cohabité de manière très naturelle par les images de prise de vue réelle (seulement dans la dernière séquence), les dessins en 2D classique ou en 3DS Max dans le contexte de traversées de l’espace. Continue reading “Dans le Tableau”

Un peu de Sempé (Paris et ailleurs à Hotel de Ville)

Je n’ai pas spécialement à dire sur Jean Jacques Sempé.

On peut penser, rire, sourire à soi-même et au monde à propos de Sempé. Mais les paroles ça a l’air pale et vidé de sens quand on essaye d’analyser les illustrations de Sempé. Donc ce texte, il sera juste une petite illustration, verbale, de mon sourire après avoir vu l’exposition « Sempé. Un peu de Paris et d’ailleurs ». Continue reading “Un peu de Sempé (Paris et ailleurs à Hotel de Ville)”

L’exposition d’au delà (suite de “Thaïlande, bienvenue”)

Voici un événement qui a eu lieu l’année dernière mais dont le thème n’a pas d’age et est ancré dans les bases de la culture thaïe.

clementinesouris

…C’est pourquoi…

L’exposition Spirits : Creativities from beyond du Thailand Creative and Design Center de Bangkok peut être une source de réflexions sur les pratiques religieuses et la mentalité dans le pays du sourire alors que de prime abord c’est un curieux parc d’attraction local que nous nous attendons.

La Thaïlande est parmi les pays les plus pratiquants du culte bouddhiste au monde. Seul 5% de la population ne pratique pas la religion officielle et se partage entre islam et christianisme. Malgré ce dévouement religieux qu’on perçoit dans la rue et les gestes quotidiens, le bouddhisme n’est pas parvenu à éradiquer les croyances antiques dans le phi, ces forces invisibles, existentielles, antérieures à la religion. Leurs manifestations païennes présentées au Thailand Creative and Design Center en montrent une cohésion avec le Bouddhisme qui du point de vue de la culture chrétienne paraîtrait pour le moins contradictoire. Mais dans cette mentalité le surnaturel est plus que naturel et l’humain est inséparable du spirituel. L’existence de créatures de l’au-delà est si populaire que toute personne locale peut vous faire la visite guidée dans les salles de l’exposition. Continue reading “L’exposition d’au delà (suite de “Thaïlande, bienvenue”)”