A la Cité de la Musique. Les ombres des Dieux

Paris- Phnom Penh, 1 et 2 juin 2012

L’étranger reste pour le moins étonné de ces visages et silhouettes de personnages en profil, souvent effrayants et mystérieux. Ils sont exécutés avec une minuté unique sur cuir, papier ou tissues laissant deviner les formes à travers seulement des coupures dans une seule pièce. Très  bel objet décoratif ils sont des souvenirs prisés des pays de l’Asie de l’Est. Leur fonction à l’origine,(selon certaines sources ils datent d’avant Jésus Christ), est une autre que la beauté statique. Les voir envahis de vie, c’est une chance rare même pour ceux qui sont sur le continent Asiatique. Et pourant, pendant deux jours il suffit se rendre à la Cité de la Musique à la Villette pour voir le spectacle khmer du théâtre d’ombres Cambodgien .

Le théâtre des marionnettes est pratiqué dans toute la région de la Birmanie à l’Indonésie. Avec certaines particularités esthétiques et de mise en scène différentes selon les pays il raconte en plusieurs episodes l’histoire de Ramayana(chez les khmers-Reamker), la belle Sita(Neang Seda), enlevée par le démon Râvana et les aventures que cet incident provoque. Les marionnettes peuvent être complètement articulées, capables d’ouvrir même leur bouche, ou enfermées dans des cadres décorés d’éléments décoratifs et floraux qui se déplacent ensemble et dont on devine l’identité et les actions à travers la voix du conteur. Ce deuxième type, particulièrement répandu en Cambodge, outre que impressionnant pour l’exécution artisane, offre une richesse expressive inattendue.

A côté de la mythologie, les contes populaires sont aussi un sujet central. Le troupe du département des arts du ministère de la culture et des beaux arts du Cambodge dédie sa première pièce à un personnage connu à l’étranger grâce au cinéma thaïlandais : Nang Nak. C’est curieux de voir un fantasme legendaire sous la forme de petite silhouette fragile. La legende raconte d’une jeune femme enceinte qui meurt avec son nouveau né lors de l’accouchement et loin de son mari aimé. Son amour est tellement fort que les deux défunts se transforment en esprits qui simulent une famille joueuse pour le retour du jeun père.

Ce conte assez horrifiant est ici interprété par des marionnettes faisant souvent sourire alors que l’ombre d’Aum (c’est le prénom de la protagoniste) grandit, dansante derrière l’écran, sous la lumière. Des rires sincères se propagent dans la salle aussi quand, pendant la deuxième partie du spectacle les guerriers de Preah Ream jettent ici et là des phrases en français en buvant.

Les khmers ont laissé un héritage riche qui se traduit dans la joie du regard et de l’âme si naturels pour le peuple cambodgien. Dans la mort comme dans la vie les couleurs et l’émotion donnent un plaisir visuel et acoustique qui, sans ôter de la force dramatique enrobent le tout dans une énergie positive. Et, à chaque fois que le regard s’arrêt sur les magnifiques ombres, que l’oreille est effleurée par des sons du pinpeat (musique, qui accompagne le théâtre d’ombres) l’enchantement envahit le spectateur, guidé par ces mains et esprits précis et créatifs de cet art divin.

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